Sur le Chemin de mon Histoire
Dernière du nom Arrius Mesplé qui signifie en béarnais "Ruisseau - Néflier" . Je suis la dernière née à la maison , en hiver 1963, dans un petit village nommé Bielle, au coeur de la Vallée D'Ossau, dans le béarn et dans une famille qui vivait essentiellement du travail de la Terre .
De mon enfance, heureuse et solitaire, j'en garde une certaine nostalgie.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai grandi entourée d'animaux , avec lesquels j'avais tissé un lien fusionnel.
Un petit troupeau de vaches, un cheval de trait pour débarder le bois, deux juments, des poules, des lapins, deux cochons, nourrissaient toute notre famille.
Dans les années 60, des usines métallurgiques s'implantent dans la vallée, mon père comme beaucoup d'hommes , part alors y travailler, nous assurant ainsi , un avenir meilleur .
L' Arriü Mage, témoin vivant de mon histoire, son eau vive courant au pied de la maison , fût mon terrain de jeu, mais aussi source de peur lorsque blottie dans mon lit, résonnait le bruit assourdissant des cailloux qui s'entrechoquaient, tenant toute la maisonnée en éveil.
Mon nom Arriü- Mesplè trouve racine dans l 'Arriü Mage qui signifie en bearnais "grand ruisseau", comme si le ruisseau, la maison et tous ceux et celles qui y sont nés , étaient issus de la même essence.
Une enfance , une adolescence privilégiées auprès de mes grands parents paternels ,me laissant des souvenirs aussi doux que douloureux par le manque de leur présence, même plus de trente ans après. Je les appelais également" Parrain et Marraine", synonyme de protection , de sécurité, d' amour absolus, ce qu'ils étaient pour moi en vérité.
Enfant hyper-sensible , Parrain savait me raconter une belle histoire sur le devenir d'un veau, lorsque revenant de l'école, je passais l'inspection dans l'étable, m'appercevant qu' une place était vide .
Marquée par le destin tragique de certains de mes aïeuls, je me suis attachée à essayer de remonter le temps, à connaitre les histoires dans l 'Histoire. A savoir, à comprendre ma lignée , persuadée qu'ainsi je pourrai commencer à guérir mes propres blessures.
Après le décès brutal , en Juillet 1907, à l'âge de 32 ans, de mon arrière grand père, laissant son fils , mon grand père orphelin à l âge de 6 ans, deux femmes remarquables, ont réussi avec courage , abnégation et dans l'unité, à maintenir en vie cette maison et les terres.
Mon arrière grand mère Mémé Julie et Tante Philomène, soeur du défunt se sont consacrées à la survie de la maison familiale .
Toutes les deux, toute leur vie durant ont lutté pour qu' un jour, elles puissent avec sérenité, confier à leur fils et neveu , le destin de la maison Arrius Mesplé.
De la souffrance du manque du père, de l'éducation sévère par une mère seule et dure, mon grand père en parlait toujours avec pudeur, mais il avait sû me transmettre l essentiel : l'Amour, l Integrité et le Respect.
Enfance berçée par les chants et danses bearnais, très imprégnée par cette tradition, jusqu' à ce que mes possibles en soient inhibés.
Fête de Bielle 1970
Parrain,
Depuis ma plus tendre enfance, tu as été sans le savoir mon Guide, aujourdhui encore dans mon quotidien , mes actes, mes pensées, tu es là , omni-présent.
Ta présence subtile ,me redonne courage , séche mes larmes, pour affronter la souffrance, la méchanceté , la cruauté , l injustice.
Ta droiture, ton intégrité, ta bienveillance, ta force mentale, ton intelligence de coeur,ont fait de Toi une personne rare et belle, ont fait de Toi ma Référence.
Alors que le Monde croule sous l' horreur, les peuples tremblent de peur , soumis à des dictatures,soumis à des chefs d'états semblables à des ogres,à des hyènes, voulant se remplir toujours plus , de territoires, de richesses, se moquant du sort du peuple, exterminant leur peuple.
C'est avec sidération qu'après avoir reçu le 27 mai 2025 , alors que je roulais toute la nuit pour voir ma mère, par mon aînée de sang, des propos violents , haineux, m'ordonnant en montrant la porte de me "casser de là ", que je réalise que ma mère et moi même, subissont le même sort que ces peuples , et cela depuis plus d'une trentaine d'années , de façon visible, depuis mon retour à la maison en 1990 , pour accompagner notre père souffrant d'un cancer.
Après le départ de notre père en 1995 , la peur constante au ventre , j'adoptais des attitudes d'évitements, de soumissions, de silences, craignant toujours de déclencher sa foudre .
Parfois j'essayais de dire, mais je n'étais pas entendue, fuyant alors pour me protéger, abandonnant ma mère là.
Aujourd'hui Parrain, consciente de cette haine et cruauté reçues, le point de non retour est atteint, et aussi , surtout.....enfin j'ai trouvé le chemin de la réparation et plus loin , peut être, le chemin de la liberté.
Réparation pour nous , toutes les âmes impactées par ces secrets de familles, par ces trahisons, ces humiliations, ces rejets, ces injustices, ces abandons , qui ont abimé et meurtri notre lignée.
Jusqu' à ton dernier souffle, tu es resté le chef de famille, celui dont la parole était respectée, celui qui détenait le pouvoir décisionnel dans tout.
Tu m' as accompagnée, avec douceur, avec Amour , le Vrai, l' inconditionnel ,me laissant toujours le libre arbitre, jusqu' à mes 19 ans.
Puis brutalement le 19 juillet 1982 , tu es parti , laissant un vide abyssal, une blessure qui aujourdhui saigne encore.
J'ai hérité de toi, cette quête quasi permanente de la Vérité, ton dégoût pour le mensonge et tous ceux qui font de leur vie un mensonge .
J'ai conservé comme un trésor toutes les lettres que tu m 'écrivais avec Marraine, chaque semaine, lorsque j'étais interne au lycée de Pau et étudiante à Toulouse.
Notre lien était fort , puissant, et c'est avec bonheur que malgré La Distance, j 'ai la certitude que ce lien est toujours là, Intact , Fort, Puissant comme Avant .
C'est sûrement cela l'Amour , le Vrai .
Je n'ai pas eu le temps, de te dire MERCI.
Avec mon Amour éternel.
Ta petite fille Renée.
Profondément attachée aux hommes de la maison, comme si mon chemin de vie était interdépendant du leur.
Mon père trouva dans la création de chants bearnais, qu'il interprétait de sa voix sublime, la perennité de son Nom .
Il trouva le chemin de l'Eternité .
Lorsque les soirs d'été, tu montais en tracteur au Boilà, pour aller voir le troupeau de vaches, nous entendions d'en bas, ta voix qui résonnait puissante, belle .
Cette voix inégalable , authentique, d'une grande pureté, celle qui m'a toujours accompagnée depuis mon enfance, jusqu' à s'inscrire au plus profond de mon ADN, et continue à m'envelopper de sa douceur, de sa chaleur,de sa puissance , de sa pureté.
Alors qu'elle voyageait des profondeurs de la terre, pour s'élever jusqu'aux cieux, à ton gré.
Cette voix que rien , ni personne, ne pouvait entraver, contraindre, égaler ou imiter.
Ta voix, celle qui te permettait de t'évader jusqu' à atteindre les sommets de la liberté.
Comme ces deux chansons anciennes,que Jean Morlaas de la maison Lapujade , t'avait transmises alors que tu étais enfant , que Toi seul chantais de façon unique.
Ces chansons , tu me les as offertes en me disant "un jour cela te servira".
Tu ne savais pas à quel point Papa, elles allaient servir à me reconstruire, elles sont toujours restées gravées en moi car elles retracent mon histoire, de là où je viens.
Le jour de ton départ, ma voix s'est éteinte, je la croyais définitivement perdue.
Aujourdhui je me fais aider, pour trouver la clé qui la laissera passer des profondeurs, de l'obscurité,qu'elle avait l'habitude de cotoyer, vers la lumière et ces sonorités pures ,cristallines, se rapprochant du Divin.
Cette liberté que je sentais très fort dans ta voix , peut être qu' un jour, ma voix trouvera aussi ce sentier de liberté .
Sortie diplomée de l'ELAM au CHU de Rangueil à Toulouse, je tenais mon attachement viscéral à l'animal, enfoui au plus profond de moi- même.
Un combat se livrait en permanence au fond de moi, ne tolérant pas le devenir de nos animaux pourtant élevés avec beaucoup d'Amour et de Respect, un devenir d'animaux de rente, leur fin de vie programmée et dans des conditions que nous ne maîtrisions absolument pas , tout cela pour nous permettre de vivre.
En 1995 , alors que mon père était dans la finitude de sa vie, dans un dernier sursaut , voulant retenir cette vie qui échappait, je voulais quitter mon emploi de laborantine et reprendre la garde du troupeau de vaches. Mon père s'y opposa fermement, préssentant mon incapacité à assumer le rôle d'un éleveur de bovins, qui avant tout, doit barricader son coeur pour survivre. Le troupeau quittait " les vignettes" un jour de juillet 1995 et mon père s'éteignait en décembre de la même année.
Du côté maternel, la famille Poeymédou est établie dans le même village, dans le quartier " deu miey", près de l'église.
De sa jeunesse, ma mère née le 27 juillet 1930 se souvient de moments heureux, choyée, aimée par son grand père et la soeur de celui-ci.
Ils étaient tous les deux, son Parrain et sa Marraine.
Alors qu' elle était âgée de 9 ans, son plus jeune Oncle Jean Baptiste Poeymédou âgé de 23 ans fût tué à l'ennemi , mort pour la France, le 20 Juin 1940 à Roanne dans la loire .
Chaque fois qu'elle évoquait le souvenir de cet Oncle qu'elle adorait, son regard se remplissait toujours et encore de larmes, tellement la blessure de cet Amour perdu saigne encore .
Synchronicité de la vie, c'est le 16 juin 2007 que ma mère est venue des Pyrénées, m'accompagner lors de la cérémonie de mon mariage, à quelques kilomètres de Roanne, à St Jean -St Maurice sur Loire où je vis desormais.
La mort, la vie se mêlant tour à tour dans un même lieu, cristalisant un Amour Eternel.
16 Mars 2022 : Dernière carte d'anniversaire
" Alors que de ne pouvoir, te toucher, le sens qui relie directement la main au coeur , tenir ma main dans la tienne , te serrer fort contre moi pour te consoler,plonger mon regard dans tes yeux souvent plein de larmes, te faire un bisou de
sur le front ou sur la joue, entendre le son de ta voix au téléphone , cette distance qui nous sépare est une épreuve de plus sur mon chemin, une souffrance de plus pour grandir. J'ai appris à me relier à toi par la pensée, par le coeur, à communiquer différemment.
Au fil des jours , des mois , dans cet abîme de douleur , sur ce chemin sacré ,Tu me guides vers la Lumière.
" Ka maté , ka maté - Ka ora , ka ora "
MERCI Maman
"
Deux troupeaux de brebis qui transumaient jusque dans le Gers , étaient leur richesse, apportant abondance dans la maison. Cette arrière grande tante qui passait sa vie auprès de ses brebis au Bénou, portait toujours sur elle un livret de prières pour guérir, protéger . Quant à mes grands parents maternels,qui étaient mes Parrain et Marraine sur les fonts baptismaux, je garde le souvenir de personnes usées par le dur labeur, meurtries par les blessures de la vie. Enfant, j'avais de la difficulté à communiquer avec eux, et c'est avec beaucoup de chagrin, que je me souviens croiser dans le village, mon grand père sur son cheval de trait, sans presque oser le saluer,tellement intimidée . Toute ma vie durant ,je me suis interrogée , alors âgée d'une vingtaine d'année sur ce que m'avait dit ma grand mère, le jour du mariage de mon cousin , son petit fils : " Pourquoi mon père en revenant de la guerre, ne m'a pas prise avec lui , j 'avais 3 ans ......."
Orpheline de mère à quelques mois de vie, elle avait été placée comme pupille de la nation.
Ma grand mère maternelle , naquit en Décembre 1911, dans le lieu dit "La mouline" dans un petit village nommé Escot, derrière le col de Marie blanque qui sépare, la vallée d'Ossau de la Vallée d'Aspe. Dans ce lieu isolé de tous et de tout, à des kilomètres du village, encaissé entre les montagnes, éclairé par le soleil que quelques heures l'été, le 24 Aout 1912, elle se retrouva orpheline de mère, à l'âge de 8 mois.
En 2021 , Cent dix ans plus tard, alors que j'atteignais mes 58 ans, il était urgent pour moi de me plonger dans ce qui ressemblait fort à un "secret de famille", de découvrir l'identité de mon arrière grand mère maternelle, de la faire en quelque sorte"revivre".Elle portait le joli nom de "Gracieuse", elle était âgée de 28 ans lorsque ce drame est survenu, bouleversant totalement le destin de sa fille, ma grand mère. De retour dans la vallée en octobre 2021, il était évident pour moi, de visiter ce lieu, de partir à la rencontre de mon histoire. Une grange effondrée, vestige d'une vie passée, chaque pierre semblait raconter l'histoire. Emue de me retrouver là, en communion avec ces âmes oubliées, mère et fille enfin réunies, dans une tendresse infinie. Je quittais ce lieu, apaisée, le "Dio Vi Salvi Régina" comme par magie, retentissait à la radio de ma voiture, garée tout près du "Barescou", témoin vivant du passé et du présent, qui accompagnait du son de son eau vive, l'hymne corse , célébrant ainsi cette précieuse cérémonie réparatrice. Sur le chemin du retour, arrivant au sommet du col de Marie Blanque, un dernier regard sur la montagne d'Achaus, si chère à mon coeur, j'avais le sentiment profond que plus de trente ans après, j'aurais pû et sû répondre à ma grand mère maternelle, sur cette interrogation qui a dû certainement hanter toute sa vie.
Comme toutes et tous mes aïeuls , je suis la seule descendante de la lignée, après avoir exercé un autre métier, à être revenue au métier d'éleveur, et à en vivre . Comme si le gène de l'élevage, était inscrit dans mon ADN.
Depuis 2007, en collaboration avec mon époux Daniel MUNINI, sous son affixe " du vallon de beaudini", j'élève des chiens d'arrêt .
Comme mes aïeuls, je connais les peurs , les nuits blanches, le désespoir même, le manque de reconnaissance, les injustices , la méchanceté humaine,et puis ..... le bonheur, tous ces sentiments qui s'entremêlent tout au long d'une vie d'éleveur. Même les gestes quotidiens sont identiques, l'oeil en alerte pour déceler le moindre problème, soigner, guérir. Comme eux, avec fierté j'ai exposé aux regard d'experts, le fruit de notre sélection.
Depuis 2007 au Vallon de Beaudini , j'ai eu le bonheur de partager des moments très forts, avec nos chiens. Si la partie travail, est l'oeuvre de Daniel, menant nos chiens d'élevage et les chiens de nos clients,au plus haut de leur potentiel, faisant des champions de Printemps, de gibier tiré, de travail, et internationaux de travail, la partie conformité, dite de beauté m'est réservée.
La participations aux nationales d'élevage, aux spéciales de races, aux championnats de france ainsi que les expositions à l'étranger, avec nos plus beaux fleurons , me sont familières. Notre élevage compte outre plusieurs Champions de France de Beauté et internationaux de beauté, Cinq Champions du Monde de Beauté: Britta BFg,Etorki BFg, Hasting BFg, Jaca BFg et Eglantine BFp. Les plus grands instants ont été le salon de l'agriculture à Paris en 2019, avec un lot de Gascognes Léal, Léña , Louna et Maori- Moko mon dernier braque de Weimar. La célébration en 2019 du Centenaire de la race Braque Français, avec l'élection des deux meilleures femelles du Centenaire, Léal en Gascogne et Joyel en Pyrénées.
Je garde un doux souvenir des expositions en Italie à Milan et Turin, avec Léña, Maori, Otxoa et Maeder, terminant leurs championnats internationaux de beauté.
Mais aussi, j'ai appris à défendre mon élevage, contre les injustices , contre la jalousie et méchanceté humaine. Alors qu' un club de race , le CABW, volait sciemment deux titres à Maori Moko , mon braque de weimar, je n'ai pas hésité à faire intervenir un homme de loi, pour être réparée. La justice a tranché, Maori a récupéré ses deux titres, et comme la vie sait rendre à chacun ce qui lui est dû, le club a finalement été désaffilié par la Société Centrale Canine.
C'est aussi cela être éleveur, se battre pas pour le plaisir de se battre, mais pour que le fruit de son travail soit respecté , lorsqu'il y a injustice, tricherie, car dans ce monde, l'humain n'est pas toujours intègre.
Epuisée par cette guerre, écoeurée par le comportement humain, j'ai décidé d'arrêter l'élevage du braque de weimar, ma race de coeur, celle qui m'a fait découvrir le monde du chien, avec mon premier Braque de Weimar S'OTTO de l'autan de Cordouls
Il y avait alors dans ma vie , un vide à combler . Comme si mon âme était amputée d'une partie d'elle même. Le besoin de me réaliser par moi même. Tout naturellement le projet d'élever une autre espèce s'est révélé comme une évidence . Le "Chat", animal mytique qui a partagé presque tous les instants de ma vie, d'enfant, d'adolescente, jeune adulte et adulte. Daniel m'a encouragée dans ce projet, s'occupant des aménagements . Les requis nécessaires pour élever professionnellement , étant acquis, je me devais de trouver une base solide d'élevage dans la race du chat du chartreux, race française par excellence, qui résonnait en moi très fort depuis toujours.
Lors de mes recherches, ma rencontre avec l'élevage des Bleus d'anthracite a été déterminante.
Satine des Bleus d'anthracite née le 8 Septembre 2021, a fait le reste !!!
En 2022 l'affixe des Chartreux des Bleus de l'Arriü est né.
Du 26 Mars 1900 au 26 Mars 2025 , cent vingt cinq ans se sont écoulés, une fraction de seconde par rapport à l éternité, quatre générations impactées en silence, meurtries .
La lumière est enfin là,comme un baume apaisant, réparant la lignée après dissolution de ces mémoires meurtrières transgénérationnelles .
Une lumière salvatrice qui régénère après avoir vécu le sentiment profond de sombrer dans la nuit noire de l'âme.
J'ai toujours eu , avec toi Tante Anne, un lien particulier.
Tu es partie en Amérique avec un oncle vers 1890, tu avais tout juste 20 ans.
Il nous avait été dit que tu étais la cadette et comme cela se faisait dans les familles, les cadets partaient laissant la place aux ainés.
Il nous avait été raconté aussi que tu avais fondé une famille , avec un homme du nom de Manzanares . Ton nom était " Arrius ", en français signifiant un ruisseau, comme le ruisseau qui s'écoule devant la maison et tu portais désormais le nom de "Manzanares" comme la rivière qui traverse Madrid.
Tu écrivais à la maison, tu avais envoyé des photos de tes enfants. Vous aviez eu 12 enfants.
Synchronicité de la vie, comme un message , l'une de tes filles dont je me souviens admirer sa photo en noir et blanc, se prénommait " Hilda Renée ".
Je n'ai jamais oublié.
Comment se fait il , que ta soeur la plus jeune, Philomène ,n'a jamais rectifié le fait que c'était elle la cadette ?
Tu étais la seconde, car ta soeur ainée atteinte de poliomyelite était handicapée,restée à la maison, elle allait coudre dans les familles ,pour gagner un peu d'argent.
Il était dit d'elle qu'elle était méchante, certainement le fait de ne pas pouvoir assumer son rôle d'ainée, et de pouvoir prendre au décès de votre frère les commandes de la maison, l'avait aigrie.
C'est la cadette Philomène ,qui a remplacé votre frère mort d'une méningite à 32 ans.
Elle avait 28 ans et n'était toujours pas partie de la maison.
Elle ne la quittera pas, restant pour continuer de faire vivre la maison et les terres avec votre belle soeur.
Il était dit que pour le décès de ton frère, tu avais envoyé à ta mère , un capuchon noir .
Après le décès de ta mère, tu n'avais plus jamais donné de nouvelles.
Aujourd'hui, le coeur lourd, je me demande si tu es partie de ton plein gré ?
ou si tu as été poussée dehors par tes soeurs ?
En descendant les arrieus, avec une valise à la main , sans dot , ni terres, tu devais avoir le coeur bien lourd , les yeux plein de larmes, tu savais que tu ne reverrai plus jamais ta maison natale, et peut être que tu avais la peur au ventre par ce très grand voyage et l'inconnu qui s'ouvrait à toi .
Tu as eu, peut être, le sentiment que ta place t'avait été volée ?
Pourtant ta légimité ne fait aucun doute, personne n' a pu te remplacer ou t'effacer. Ton empreinte dans la maison est indélibile, les pierres se souviennent et pleurent.
Aussi longtemps que Dieu me prêtera vie, tu resteras pour moi ,
qui suis la dernière du nom , une douce , une bienveillante et une puissante présence .
Renée- "Tu querida."